Le Samedi 20 Février 2010 à Marseille sur le Boulevard Charles Livon, Le Buste De Missak Manouchian à été Dévoilé dans un square qui porte son nom et aussi ceux de ses 22 camarades fusillés par les Nazis.
Né en Turquie dans une famille arménienne, Missak Manouchian adhère en 1934 au Parti communiste Francais et s’engage pendant la guerre dans la résistance.
Affilié aux FTP-MOI (francs-tireurs et partisans – main d’oeuvre immigrée) le groupe multiplie les attentats à Paris. Arrêté le 16 février 1943, torturé, Missak Manouchian sera fusillé au mont Valérien le 21 février 1944 avec 22 membres de son groupe.Au moment du procès, une affiche dite “affiche rouge”, est largement placardée, assimilant ces résistants à des terroristes. Manouchian est présenté comme “le chef de bande”.
Cette affiche sera immortalisée par Aragon , avec un poème intitulé « L’affiche rouge » que chantera Léo Férré
Beaucoup de monde à cette initiative organisé par la jeunesse arménienne de France. Des anciens combattants, des élus du PCF du PS Quelques UMP dont le premier adjoint de la ville de Marseille, des militants communistes, des arméniens de Marseille et d’autres départements comme ceux de Draguignan venus déposer une gerbe. Des enfants tiennent à bout de bras des photos inédites de l’exécution au Mont valérien remises solennellement par Serge Klarsfeld. Les anciens combattants tiennent avec fierté leurs drapeaux.
Il fait très froid, le mistral nous glace les os, sur ce square qui surplombe le vieux et le nouveau port,le bassins de la Joliette. Au bord de mer juste avant le fort saint Nicolas se trouve L’UNM (Union Nautique Marseillaise) une des plus anciennes sociétés Nautique de Marseille, et aussi le Rowing Club un célèbre club d’avirons. Tout contre le fort, une maison lacustre, propriété du président de la COMEX , la célèbre société d’activités sous marine, situé en lieu et place du chantier Naval st Nicolas, appartenant au feu groupe Terrin, la SPAT, au sein duquel j’ai exercé pendant prés de dix années le métier de charpentier de marine. C’était notre base, on travaillait tantôt sur des chalutiers, des yachts, tantôt on prenait nos outils et on partait sur les cargos, les pétroliers, pas encore beaucoup de bateaux de croisières, si ! Un, le Mermoz.
Pourquoi dire cela alors que je suis venu pour Manouchian ? Parce que les discours se succèdent, le représentant du maire de Marseille, celui du président du conseil régional, puis celui du conseil général, qui tour à tour magnifièrent le rôle d’Issak Manouchian et de ses compagnons tombés pour notre liberté. Les jeunes scouts Arméniens on chantés le chant des partisants.Richard Martin nous à tiré des larmes en nous lisant le poème « l’affiche rouge » d’Aragon. Robert Guédigian l’auteur de « retour d’Arménie » nous a invité non pas à nous dire « qu’auront nous fait à leurs place pendant l’occupation », mais à se dire ; » que feraient t’ils s’ils étaient la aujourd’hui », et j’avais en tête le sort fait aux travailleurs sans papiers, la proposition par le ministre de l’identité nationale d’ouvrir des camps pour les étrangers en situation « irrégulière », le couvre feu décrété à Nice pour les enfants de moins de treize ans ,certainement ceux de la citée de l’Ariane.
La sénatrice communiste Isabelle Pasquier accompagnée de Jean Marc Coppola président du groupe communiste au conseil régional ont eux aussi déposé une gerbe de fleurs au pied de la stèle, mais point de discours, d’intervention d’un responsable communiste, pour rendre hommage à l’un des notre, qui était arrivé en France en débarquant ici à Marseille à quelques encablures de ce lieu de mémoire pour les générations futures.

Alors je me suis rappelé François Billoux député communiste de Marseille ,un du chemin de l’honneur (Emprisonné en Algérie par le gouvernement de Pétain) son rapport avec les travailleurs d’origine Arméniennes des quartiers nord et plus particulièrement du quartier de la Cabucelle ,le quartier qui a aussi vu naitre Yves Livi , (Yves Montant).Je me souviens d’avoir accompagné François à l’église arménienne du boulevard des italiens ,j’avais eu la surprise de voir un des ouvrier de la SPAT ou je travaillait, célébrer la messe orthodoxe. Ensuite on avait partagé le « soudjour » et le » Pasterma » avec les nombreux convives. C’était le temps ou mon secrétaire de section du PCF s’appelait Claude Garabédian, le trésorier du syndicat CGT de la SPAT s’appelait Korian, quant le secrétaire départemental de la CGT se nommait Henri Sarian.
Puis j’ai eu une pensée pour le député communiste, Guy Ducolonné que j’ai connu quant mes activités politiques m’on conduit dans les années70 en région parisienne, je suis témoins d’une tournée dans les bistrots du quartier Arménien d’Issy les Moulineaux. J’ai constaté l’affection prodigué à mon camarade pour son action à l’assemblée nationale en faveur de la reconnaissance du génocide Arménien ,perpétré en 1915 et au delà par l’Empire Ottoman , j’ai aussi en mémoire le relais pris par le Député Communiste ,Maire des 15eme et 16 eme arrondissements de Marseille , Guy Hermier et ensuite par le sénateur communiste des Bouches du Rhône , Robert Bret. Combien de courriers ,de manifestations ,d’intervention dans les médias, à l’assemblée Nationale et au Sénat ? Alors, je me suis dit ,sans nostalgie ni passéisme que la mémoire est une nécéssité ,dans la poursuite du rassemblement et de l’action pour un monde de justice de paix et de liberté.Elle s’impose à toutes et à tous.
Communiqué de Pierre Dharréville
Secrétaire départemental du PCF 13
20 février 2010
Un buste de Missak Manouchian veille désormais sur le port de Marseille. Une voix manquait pour lui rendre hommage, ce matin. Celle de son parti. Qu’il me soit permis de rompre ainsi ce silence.
Car c’est au nom de ses idéaux communistes que Missak Manouchian entra en résistance. Il en fallait du courage et des convictions pour se dresser face à l’horreur nazie, et pour donner sa vie. Il en fallait de l’humanité pour le faire sans haine. C’est grâce à lui et à ses camarades, ceux qu’on a voulu déshonorer sur une affiche rouge ainsi que tous les autres, que l’humanité a pu voir la fin des ténèbres.
Missak Manouchian est mort pour la France. Pour cette France de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Pour ses valeurs universelles. Pas pour cette France qui l’aurait pourchassé et renvoyé chez lui en charter. Pas pour cette France où l’on détruit chaque jour ce qui protège la dignité humaine.
Nous sommes les enfants que Missak Manouchian n’a pas eus. Et son combat n’est pas un combat achevé. Le communisme de Missak Manouchian, parce que nous voulons être digne de l’homme qu’il a été, est celui que nous voulons faire vivre dans le monde d’aujourd’hui, par-delà les commémorations.
Savoir son visage magnifique et courageux poser les yeux sur nous au-dessus de Marseille est pour nous une reconnaissance et un encouragement. Nous sommes fiers de voir la République, de voir Marseille rendre hommage à notre camarade. Et je veux remercier toutes celles et tous ceux qui ont œuvré pour faire briller sa mémoire.
Pierre Dharréville




