
Consultation. Les grévistes du Vieux-Port, de la rue de Rome et de Colbert, ont tenu hier matin, le bureau de vote de la rue Henri-Barbusse sur l’avenir du service public postal.
Une boîte en carton savamment scotchée pour n’être pas ouvrable en guise d’urne, une bonne cinquantaine de postiers des bureaux Vieux Port, Rue de Rome, et Colbert, en grève depuis mardi dernier. On enregistrait hier, en fin de matinée, une animation inaccoutumée en cette rue Henri-Barbusse, qui constitue souvent le point de départ des cortèges revendicatifs des agents de la Poste.
En fait, il y avait là, l’un des nombreux lieux de Marseille où les usagers sont sollicités pour émettre, par un vote, leur avis sur le projet gouvernemental de changement de statut de La Poste. Un changement de statut destiné, selon les organisateurs de la consultation nationale, à préparer la privatisation.
De cette privatisation, ce monsieur aux cheveux plus sel que poivre, n’en veut surtout pas. « Votre papier (entendre le bulletin de vote) me demande si je suis d’accord avec le projet. Pas le moins du monde, affirme-t-il, pour moi, la question ne se pose même pas. » Les militants l’ont quand même persuadé que son opposition, il serait bien qu’il l’exprime en votant. Ce qui sera chose faite.
Exiger un vrai référendum
Pour la dame qui suit, la décision est prise. Juste une question préalable. « J’ai entendu ce matin à la radio que votre truc n’avait aucune valeur juridique. C’est dommage ! ». Il lui a été répondu, que l’opération avait pour but de « susciter une expression de l’opinion publique suffisamment forte pour que le gouvernement- organise précisément un référendum ». Et l’électrice de promettre qu’elle essaierait de convaincre son mari, son fils et sa belle-fille de voter. Surtout qu’il y a des bureaux un peu partout. Affirmation confirmée par une liste de points de vote, avec les horaires d’ouverture.
Pour la suite, il y a bien celle ou celui qui passe en faisant semblant de ne pas avoir compris qu’on le (la) sollicitait, mais plus généralement, pour ne pas dire quasi unanimement, les usagers se dirigent vers la liste d’émargement sur laquelle il (elle) note ses nom, prénoms, et adresse avant de déposer son bulletin dans l’urne. Un bulletin coché au vu de tous. Pas besoin d’un sondage sorti des urnes. Une chose est sûre, la privatisation ne fait pas recette.
Comme s’il s’agissait de conjurer d’autres actes annonciateurs de la privatisation, ce bureau de vote improvisé était tenu par des grévistes. Engagés depuis mardi dans un mouvement contre des réductions d’effectifs accompagnés de réduction des plages horaires d’ouverture des guichets au public. Raison de plus pour refuser l’ouverture au privé.
http://www.appelpourlaposte.fr/IMG/pdf/POINTS_DE_VOTE_BOUCHES_DU_RHONE.pdf











